En-tête

Le monde n’est pas devenu fou .
Il est devenu bruyant . 

Ici, on pose le sac un instant
pour écouter autrement 
Sans cynisme, sans naïveté . 
Ajuster plutôt que condamner .

Et l’aventure continue,
avec un peu plus de lucidité .

Reprendre le volant🚦



On n’a pas perdu la lucidité.
On a perdu le droit de douter intelligemment. 
À force d’urgences, 
de protocoles et de réponses toutes faites,
l’esprit critique a été soit cassé, soit caricaturé, soit délégué.
Questionner est devenu suspect.
Douter, un signe de faiblesse.
Observer avant d’agir, une perte de temps. 
Pourtant, la lucidité ne naît pas de l’accumulation de savoirs,
mais de la capacité à discerner.
Discerner entre ce qui est valable pour tous
et ce qui ne l’est que pour soi.
Entre l’expertise utile
et l’autorité non questionnable.
Entre la peur qui presse
et l’écoute qui ajuste. 

La lucidité ne naît pas de la méfiance envers les outils,
mais de la capacité à reconnaître leurs limites 
— y compris quand l’outil, c’est soi.

L’esprit critique n’est ni un rejet, ni une rébellion, ni une supériorité.
C’est une posture vivante :
questionner sans mépris,
suspendre le jugement quand il manque des données,
faire dialoguer le savoir extérieur,
l’expérience intérieure et la cohérence logique. 
Aujourd’hui, certains s’érigent contre les outils pour se donner l’illusion de reprendre les rênes.
Mais l’opposition systématique n’est pas une reprise de pouvoir.
C’est une autre forme de dépendance. 
Reprendre le volant, ce n’est pas jeter le GPS par la fenêtre.
C’est accepter de conduire en conscience,
de ralentir quand c’est flou,
d’ajuster la trajectoire,
et de redevenir responsable de ses choix. 
La lucidité n’est pas un état.
C’est un chemin.
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